savoir-faire et productions


Certains savoir-faire ont fait le renom des villes du territoire de Monts et Barrages : la papeterie à Saint-Léonard-de-Noblat dès le Moyen Âge, la tannerie à Eymoutiers notamment au XVIIe siècle, puis la porcelaine au XIXe siècle...

Les célèbres foires de ces deux cités, particulièrement courues au début du XXe siècle, attestent de la forte présence de l'élevage, dans cette région historiquement berceau de la race bovine limousine.

Avec les bouleversements de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (industrialisation, chemin de fer, exode rural...), la forêt a regagné du terrain, mettant la sylviculture au coeur de l'économie du territoire.

Au-delà de ces secteurs économiques, la gastronomie a trouvé sa place dans le patrimoine local, avec de belles expressions à Eymoutiers et Saint-Léonard-de-Noblat.


Papeterie

Ce savoir-faire, présent dès le Moyen Âge, a donné naissance à de nombreux moulins, jalonnant les multiples rivières du territoire pour satisfaire cette production, facilitée par la qualité de l'eau. Sur le secteur de Saint-Léonard-de-Noblat, la production était telle qu'une cinquantaine de moulins existait sur la commune, à l'image des moulins de Noblat (route de Limoges). La qualité du papier a longtemps fait la renommée de la ville.

Le Moulin du Got (Saint-Léonard-de-Noblat)

Seul survivant, le Moulin du Got (Saint-Léonard-de-Noblat) est connu dès la fin du XVe siècle. Il produisit du papier jusqu'en 1954, avant d'être abandonné. Restauré et remis en vie par l'association "Le Moulin du Got", il est aujourd'hui un lieu unique de la mémoire papetière limousine, reconnu dans la France entière. Ce lieu de visite combine papeterie traditionnelle et imprimerie à la manière de Gutemberg avec les machines du XIXe siècle, mais aussi boutique, visites guidées, ateliers pour le jeune public et expositions annuelles de créations en papier d'artistes de renom.

L'ancienne papeterie de Châteauneuf

À Châteauneuf-la-Forêt, sur le site de Moulin Neuf, existait une papeterie industrielle. Cet ancien moulin à foulon puis à farine, transformé en moulin à papier-paille par la famille Degrassat en 1858, devint une véritable petite entreprise. Face à la concurrence du papier sulfurisé, l'usine s'ouvre à la production de carton ondulé à partir des années 1920. Elle deviendra l'actuelle cartonnerie Eymin Leydier, toujours en activité, produisant désormais uniquement du carton ondulé d'emballage. Il ne reste de la papeterie initiale que la cheminée en brique.

L'ancienne usine de papier-paille de Brignac (Royères)

À Brignac (Royères), un moulin médiéval produisait de la farine de seigle et de blé, avant d'être transformé en 1906 en usine de papier-paille, avant cessation d'activité en 1938. Rachetée par la famille Resneau en 1942, elle devient la filterie de Brignac, modernisée par l'électricité. Spécialisée dans la fabrication et la coloration de fils techniques pour l'industrie, elle fonctionne toujours aujourd'hui.

Tannerie

Activité attestée sur le territoire dès le XIIe siècle, la tannerie traditionnelle utilisait du tan (poudre d'écorce de bois), produit par quelques moulins du secteur, pour transformer les peaux en cuir. La tannerie trouvait ici ce dont elle avait besoin : l'élevage pour les peaux, la forêt pour le tan et des eaux de qualité via les rivières.

Les tanneries étaient nombreuses le long de la Vienne, notamment à Eymoutiers et Saint-Léonard-de-Noblat, qui en ont gardé des traces.

À Eymoutiers

La tannerie a fait la prospérité d'Eymoutiers, en particulier au XVIIe siècle, au point que nombre d'habitations ont été reconstruites durant cette période. Le nom des habitants renvoie d'ailleurs à cette activité florissante : les Pelauds sont ceux qui travaillent les peaux (pellis en latin). Aujourd'hui encore, les greniers à claire-voie, ouverts sur l'extérieur et où les peaux séchaient une fois tannées, témoignent de cette ancienne activité, partout dans la ville.

Le plus bel exemple est probablement la maison dite du Maître Tanneur (rue Farges), datant du XVIIe siècle, classée au titre des Monuments historiques grâce à cette architecture si particulière.

La tannerie Bastin (Saint-Léonard-de-Noblat)

La tannerie Bastin à Saint-Léonard-de-Noblat est l'une des rares tanneries en France à pratiquer le tannage végétal et non à base de chrome. A l'inverse du tannage chimique, généralisé aujourd'hui, le tannage végétal met plus d'un an à transformer les peau en cuir. Ce cuir épais, de très haute qualité, est ici utilisé pour les semelles des célèbres chaussures Weston.

Cette "Entreprise du patrimoine Vivant" se visite avec le Pays d'art et d'histoire de Monts et Barrages, toute l'année sur réservation, ainsi que l'été (4 dates : 2 début juillet, 2 fin août), toujours sur réservation. Les groupes sont limités à 15 personnes.

L'ancienne usine Huillard (Saint-Denis-des-Murs)

Moins connue, une usine de fabrication d'extraits tannants existait à L'Usine (comme de Saint-Denis-des-Murs). Construite au bord de la Vienne en 1892 par la société Huillard, elle déclina en lien avec la généralisation du tannage au chrome, beaucoup plus rapide, au détriment du tannage végétal. Après son rachat en 1951, le site ferme. L'usine est toujours debout, mais en mauvais état.

Porcelaine

Bien que réputée dans la capitale régionale, la porcelaine n'est pas que de Limoges ! L'activité est prospère depuis le XIXe siècle aussi sur le territoire du Pays Monts et Barrages.

On y trouve encore des usines de renom : Médard de Noblat (Sauviat-sur-Vige), JL Coquet et la Porcelaine Carpenet à Saint-Léonard-de-Noblat, toutes deux bénéficiant du label "Entreprise du Patrimoine Vivant" au titre de leur savoir-faire.

Des ateliers de céramistes plus modestes mais non moins créatifs existent aussi sur le territoire, comme l'Atelier de l'instant à Bujaleuf, ou encore les Ateliers de Moussanas (Châteauneuf-la-Forêt).

Un patrimoine plus inattendu, reflet de la création porcelainière, se retrouve partout sur le territoire : il s'agit des plaques funéraires en porcelaine, dans les cimetières.

Agriculture et élevage

Le Pays Monts et Barrages peut être considéré comme le berceau de la race bovine limousine, la fameuse "vache rouge" réputée pour sa viande savoureuse dès le XIXe siècle. Les célèbres foires de Saint-Léonard-de-Noblat et d'Eymoutiers, véritable poumons économiques du territoire jusqu'au milieu du XXe siècle, en attestaient. On venait de loin vendre et acheter vaches, mais aussi moutons, cochons...

L'élevage est toujours une activité importante, qui entretient le paysage, oscillant entre bocage là où il est encore présent, et forêt là où s'est absenté.

Forêt et sylviculture

L'exploitation sylvicole constitue la première richesse économique du Pays Monts et Barrages. La forêt, couvrant aujourd'hui plus de 30% du territoire, a profondément modifié les paysages à partir de la fin du XIXe siècle : elle a regagné du terrain lorsque les pratiques agraires traditionnelles ont décliné (abandon du pastoralisme sur les hauteurs où les ovins entretenaient jusqu'alors l'ouverture des paysages). Mais surtout, les plantations de résineux destinés à l'exploitation économique (coupe) ont bouleversé les paysages, en particulier du côté de la montagne limousine (secteur d'Eymoutiers).

La seule forêt ancienne du territoire est la forêt de Châteauneuf, datant du Moyen Âge.

Du côté de Sauviat-sur-Vige, la forêt d'Epagne est un site Natura 2000 d'exception : sur 80 ha, elle abrite de nombreuses espèces protégées, dont la parisette à quatre feuilles et l'ail des ours.

Gastronomie

Quelques spécialités existent sur le Pays Monts et Barrages :

  • Le massepain de Saint-Léonard-de-Noblat, pâtisserie moelleuse à base d'amande, de blanc d'oeuf et de sucre, réactualisée par le pâtissier miaulétou Camille Petitjean vers 1900 ;
  • Le Pelaud, portant le nom des habitants d'Eymoutiers, pâtisserie à base de noisettes concassées et de chocolat.

Au-delà de ces deux emblèmes, d'autres saveurs existent comme le pruneau confit de Saint-Léonard...